dimanche 15 mars 2026

Un roman de chiottes spectaculaire

J’ai toujours un roman dans chacun de mes chiottes.

C’est là que j’y mets les bouquins potentiellement les moins intéressants de mon tas de livres à lire, car a priori, le roman le plus médiocre qu’on puisse posséder sera toujours plus constructif et intéressant que n’importe quel « fil d’actualités » qu’on scrolle généralement quand on est aux cabinets, même si cela suit une certaine logique de faire défiler de la merde en en évacuant.

Bref, trêve de poésie, venons-en à Bernard Minier et à son ouvrage Une putain d’histoire.

Presque 600 pages qui ont fait passer ce bouquin de mes toilettes à ma table de nuit, tant les personnages, l’histoire, les rebondissements difficilement prévisibles (jusqu’à la toute fin du livre) et la qualité de narration de l’auteur atteignent presque un sommet, pas forcément par rapport à Bernard Minier lui-même, mais par rapport à la concurrence sans aucun doute.

Un gamin élevé par deux lesbiennes, un homme politique ambitieux, une boîte de sécurité spécialisée dans la récolte et le traitement de données numériques, un meurtre sur une île, une famille de petits gangsters locaux, et en fil rouge de tout cela donc, un gamin qui cherche le tueur de sa petite amie et qui se cherche lui-même.

Comme le dirait le célèbre critique littéraire Laurent Ruquier, c’est « une belle histoire bien racontée », et pas du tout un livre de chiottes.

Le meilleur roman que j’ai lu ces derniers mois.

On est trimballé d’une révélation l’autre.

A lire !

dimanche 18 janvier 2026

Philippe Delerm - Les gens sont comme ça

A la lecture de cet ouvrage, j'ai retrouvé le même genre de plaisir que j'éprouvais, lors de mes premiers émois littéraires, en me délectant de l'exégèse des lieux communs du plus célèbre mendiant de France, Léon Bloy.

Je n'irai pas jusqu'à comparer la prose de Delerm à celle de Bloy, même s'il faut toujours se rappeler qu'on est soi-même peu de choses lorsqu'on s'apprête à prétendre porter un jugement sur l'œuvre d'un autre, mais la lecture de Les gens sont comme ça (et autres petites phrases métaphysiques) m'a procuré ce drôle de plaisir, servir de petite capsule émotionnelle temporelle. D'aucuns appelleront cela une madeleine de Proust, mais je maîtrise trop mal ce concept pour digresser dessus.

Bref, cette petite exégèse des expressions communes que nous propose Philippe Delerm est, et ce n'est pas une surprise - bien au contraire - venant de cet écrivain, une véritable parenthèse de douceur et de sourire, tout en légèreté, chaque expression est en effet commentée sur quelques lignes seulement, cela suffit, et cela nous permet de voyager d'une expression l'autre comme nous étions bercés, enfants, par les heures de chaleureux ronron à l'arrière de la voiture familiale sur la route des vacances.

En résumé, ce livre est un bon moment de feelgood dirais-je ironiquement si j'étais taquin, pour reprendre le thème abordé par Delerm à l'expression "c'est que du bonheur", quelques lignes, pages75-77, qui se concluent de manière poétique par ce que je choisis comme mot de la fin : "Tout le monde veut du bonheur. Ceux qui préfèrent le bonheur sont un peu plus silencieux."