De plus, pendant ce laps de temps j'ai écrit trois nouvelles pour le recueil sorti en début de semaine dernière que je vous invite à lire.
Deux mois donc sans passer par ici, disais-je, et l'ironie veut que mon retour se fasse sur un livre qui m'a été déconseillé par un ami proche et fut vraisemblablement moqué en son temps (2023) par Daniel Conversano, même si je ne trouve hélas aucune trace de cette critique. Ce livre, L'amour, de François Bégaudeau, avait donc tout pour me déplaire a priori.
On m'a notamment dit que ce roman n'était pas révélateur de la bibliographie de Bégaudeau, et qu'il s'agissait d'un exercice de style ("raté", m'a-t-on dit, mais loin de moi l'idée d'accuser Mario Varraut de quoi que ce soit donc je ne vous dirai pas que c'est lui l'ami proche dont je parle au paragraphe précédent).
Trêve de galéjades. Ce n'est pas la première fois que je découvre involontairement un auteur par un livre qui, toujours a priori, ne lui ressemble pas. J'avais fait de même avec Bukowski, que j'avais à l'époque découvert via son roman Pulp.
Le point commun entre Pulp et L'amour hormis de n'être pas forcément révélateurs de l'œuvre de leurs auteurs ? Leur format. Poche 90 pages pour Bégaudeau, poche 189 pages pour Bukowski, des petits livres. Et c'est ça qui dans les deux cas m'a attiré. Car ce sont toujours des petits livres que j'achète quand je suis en avance à un rendez-vous ou en stand-by entre deux destinations.
L'amour de François Bégaudeau, donc, est un texte très agréable à lire, aucun chapitre, aucune section, aucun saut de page, il s'agit du déroulé de l'histoire de deux jeunes gens qui se rencontrent puis passent leur vie ensemble jusqu'à leur mort dans la vieillesse, mort joliment imagée par Bégaudeau. Les pages égrènent les années et les petits événements avec simplicité, fluidité et naturel, à tel point qu'on ne se rend pas compte qu'il s'agit d'un exercice de style, même si c'en est un et qu'il est très réussi. Toujours simple, jamais condescendant, jamais moralisateur, et très touchant par moments. C'est comme ça que je qualifierai ce roman : une réussite. Et donc un plaisir pour le lecteur, une histoire qui se consomme sans prétention, mais à laquelle on s'attache tant qu'on y est.
Et ce roman, si "simple" puisse-t-il être, est bien meilleur que de nombreux romans primés, je pense notamment à un Prix de Flore sur lequel je reviendrai en temps voulu.

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